16
    Fév
    2025
    3

    La Nuit (1,32 km)

    Petit guide de survie à l’attention du cyclo-travailleur de la nuit. Le cycliste nocturne, qui aspire à se vêtir d’une certaine prudence, évite de circuler à l’abri des regards et de se soustraire à la vue, parfois inattentive, des automobilistes. Quelques lumières judicieusement bien placées sur le corps et la machine accroissent la visibilité de celui qui se déplace sur deux roues. À la vue de tous, ainsi placé sous ce bouclier lumineux, il bénéficie d’une fine protection salutaire pour cheminer sur la route.

    Roule encore
    6
    Déc
    2024
    1

    À contre-courant des rois (2,50 km)

    Le cheminement hivernal est parfois pavé de drôles de surprises. Ce soir-là, remontant ma ligne de Ouest vers l’Est, ma route est coupée par trois magnifiques vaisseaux du désert. Sur leur dos, trois élégants cavaliers. Je m’arrête et observe ce curieux équipage. Ensemble, ils cheminent à la suite d’une étoile, la vision est pour le moins inhabituelle dans nos contrées.

    Roule encore
    8
    Sep
    2024
    1

    Cyclo dancefloor (3,00 km)

    Une anecdote cyclo-musicalement contestataire.

    Acte 1. une petite ballade accompagne la douceur de ma balade cycliste. La voix qui s’incruste dans le creux de mes oreilles porte une poésie sociale et rebelle, qui s’oppose aux oppressions étatiques défendues et encouragées par le grand capital ; quelques notes répétitives de guitare réhaussent la valse des mots. Ces derniers s’imprègnent de manière à tatouer durablement sur ma peau le malaise d’une France au plus mal. L’allocution est dure. La missive apolitique qui s’égrène est accusatrice, provocatrice. Chaque mot est un scud qui explose dans les différentes parties de mon cerveau. Déflagration de mes pensées !

    Roule encore
    24
    Fév
    2024
    6

    L’indiscrétion des fenêtres (4,00 km)

    Le soir, sur ma route, l’obscurité se rend complice, et même l’instigatrice d’un voyeurisme itinérant. Cette plongée dans la nuit trahit les habitants des villages que je traverse. Même les candélabres, par leur luminosité à peine suffisante, ne couvrent pas assez les flux lumineux qui s’évaporent des habitations. Ils participent activement à de drôles d’indiscrétions.

    Roule encore

    10
    Fév
    2024
    6

    L’expression de murs bien vivants (4,21 km)

    La longue ligne droite que je suis depuis plusieurs centaines de mètres s’achève par un passage sur un petit pont en bois qui enjambe la Birse, une rivière voyageuse – dont la source se trouve à un jet de pierre de ma position – qui file à travers la vallée pour ensuite se jeter corps et âme dans le Rhin. Ensuite, ma route oblique vers le nord avant de descendre sous le second sous-voie de mon trajet, permettant un passage sécurisé sous le chemin de fer.

    Roule encore

    28
    Jan
    2024
    6

    Le chemin des artistes (1,67 km)

    La route commence à s’aplanir lorsque je débarque en contrebas du village. Profitant encore de l’élan de la descente, je survole le bitume sans effort. Mon cheminement traverse un petit pont qui surplombe une rivière dont la trajectoire a été dressée par l’homme. Elle a un petit charme, un brin bucolique, plus particulièrement lorsque les gelées hivernales lui prêtent un côté sauvage ; elle trouve sa source un peu plus à l’Ouest. Remontant la vallée, elle coule vers l’Est, pour se jeter dans le Rhin quelques septante kilomètre plus loin. En amont du pont, elle est guidée par des matériaux travaillés de la main de l’homme, vraisemblablement pour anticiper une éventuelle montée des eaux qui causerait de vilains dommages aux maisons environnantes. Tout est maîtrise.

    Roule encore