13
Sep
2026
5

Du ciel et des rêves

Il y a quinze jours, le spectacle n’était pas uniquement dans les cieux. Certes, les pilotes de la PC-7 Team qui survolaient le ciel de Tramelan sont des virtuoses de l’acrobatie aérienne. Pourtant, pour celui qui décidait de maintenir son regard à hauteur d’homme, la féérie des visages fascinés était tout aussi attachante.

Dans le public installé sur la terrasse du CIP, j’observe un homme qui a côtoyé les astres. Casquette de l’Agence spatiale européenne solidement fixée sur le crâne, l’ombre formée par la visière me cache ses yeux. Pourtant, je devine que Claude Nicollier a ramené quelques étoiles avec lui : elles sont imprimées à la surface de ses pupilles. Elles ressurgissent sans doute, un peu comme celles qui étincellent à la faveur de l’émotion des enfants, au gré des spectacles qui s’offrent à son regard.

L’homme de 82 ans – quatre vols spatiaux à son actif entre 1992 et 1999 – scrute le ciel. Il n’est pas seul. Les sens en éveil, adultes et enfants guettent les ondes sonores de la formation aérienne. Puis, les avions arrivent. Claude Nicollier, comme les autres spectateurs et spectatrices au regard perçant, pointe le doigt vers le ciel. Il désigne de minuscules silhouettes qui affleurent la montagne. L’illusion est parfaite. L’instant d’après, lorsque les avions survolent le public admiratif, les cous se tendent et les regards s’élèvent. Passage furtif, la vision se perd dans les nuages blancs qui couvrent en partie le ciel azuréen. La PC-7 Team poursuit sa route.

La patrouille disparaît derrière l’horizon ciselé par le sommet des pins. On murmure, ici et là, pour ne pas briser l’enchantement. Petit à petit, la concentration s’impose à nouveau. On écoute le ciel, on épluche la moindre de ses particules. Les premiers doigts s’élancent vers les hauteurs.

Le pilote et commandant de bord Lukas Viglietti est l’artisan en chef des Future Days. La manifestation est dédiée à la découverte des formations techniques, les spectacles aériens œuvrant comme le liant naturel entre les rêves et l’avenir professionnel. Toutefois, ce week-end de fin août, le natif de Tramelan a fait bien davantage. Reconnaissant envers sa région, en guide attentif et garant d’un périple sans histoire, il a conduit le public vers le plus beau des voyages : celui qui incite à croire en ses ambitions, l’esprit perdu dans les étoiles.

Des histoires de pilotes et d’astéroïdes, c’est bien cela qui devrait essaimer dans nos songes.