Tramlabulle 2026 : Quand la rencontre s’estompe…
… il reste le souvenir. La chaleur de l’étreinte physique devient cérébrale. Lors de cette 29e édition, je me suis nourri de vos regards, de vos sourires et de votre amitié. Ces quelques mots d’introduction sonnent un peu comme une évidence, un vulgaire manque d’originalité.
Pourtant. Que reste-t-il de notre rencontre ?
Tout au long de ce magnifique week-end, j’ai observé des regards chaleureux et bienveillants entre notre public et nos invités. Artistes, amateurs comme professionnels, ont offert de leur temps pour partager une profession quelque peu malmenée par cette agaçante époque de l’accélération incessante.
Ensemble, nous avons ramené Tramelan et le Grand Chasseral au centre de la Suisse, reléguant, avec beaucoup d’amitié, les autres régions à notre périphérie.
Entre vendredi et dimanche, mon regard indiscret a saisi des rencontres – parfois accidentelles – permettant l’émergence d’idées et de projets communs.
Que reste-t-il de notre jeunesse ?
Pendant deux jours, les jeunes du ceff-COMMERCE et du ceff SANTÉ-SOCIAL ont accueilli nos visiteurs. Les premiers cherchaient à sonder leurs attentes quant à notre 30e édition, tandis que les seconds ont ouvert le dialogue autour d’un fléau sociétal qui brutalise la moitié de la population mondiale. L’implication des écoles post-obligatoires est précieuse. Je n’oublie pas non plus les 360 élèves des écoles primaires et secondaires de la région qui ont bénéficié d’une relation privilégiée avec un auteur ou une autrice dans le cadre des rencontres scolaires. Cette rencontre en direct porte en elle l’espoir d’un passage de témoin : celui de voir une nouvelle génération reprendre le fil des récits humains à venir et faire naître, à son tour, de nouvelles histoires dessinées.
Encore une phrase banale : à Tramelan, on décerne des prix, certes. Mais leur valeur est bien moindre que celle de ces échanges qui invitent nos jeunes à réfléchir, à questionner leur époque et à découvrir l’art.
Avec une certaine émotion, j’ai capté quelques dialogues. J’ai vu ces artistes prodiguer de précieux conseils d’écriture à une jeune femme (chère à mon cœur) lors de la soirée de dimanche. Mille mercis pour cette expérience unique !
Que reste-t-il de nos gestes ?
Il y a ces gestes de trop. Ils sont définitivement à bannir de nos sociétés. À Tramlabulle, tous les gestes étaient nécessaires. Il y a ceux de Zam, bien évidemment, sur les vitrines des commerces du village, mais également ceux de nos dessinateurs et dessinatrices de presse qui, de la pointe du stylo, portent la voix de l’irrévérence.
Il y a aussi ces mots et ces magnifiques dessins, gravés à jamais dans les BD de nos lectrices et de nos lecteurs. Ils sont les témoins de ces rencontres, les marques indélébiles de ces échanges.
Que reste-t-il de nos paroles et des mots que nous avons échangés ?
La mémoire flanche, les mots deviennent imprécis et les souvenirs, avec le temps, parfois confus. Ce texte est, en fin de compte, très égoïste. Il n’a d’autre ambition que de graver le plus longtemps possible ce week-end dans ma mémoire. Au-delà de mes impressions personnelles, il y a heureusement la mémoire collective et les photos de Cyrille Voirol pour conserver le récit de cette aventure commune.
À toutes et à tous, artistes, partenaires, médias, bénévoles, collaborateurs et collaboratrices du CIP, amis et surtout comité, je vous remercie du fond du cœur pour cette très belle édition 2026 qui me projette d’ores et déjà en direction du 30e anniversaire de notre festival.
Humainement vôtre.

