Les bâtisseurs d’avenir
«Si vous, les associations, vous avez investi une somme d’argent, moi je la multiplie par le nombre d’années que cet établissement aura vécu et par le nombre d’enfants qu’il aura hébergés », intervient Mohammed Mourchid. Au nom des habitants, cet élu de la commune d’El Hammam improvise un discours enthousiasmant.
Cet article condense sans doute ce que j’aurais souhaité devenir. Avec le recul, il m’a certainement manqué de talent, de courage et surtout de mal d’abnégation pour faire une autre carrière : voyager, observer, rapporter, rédiger et communiquer. J’ai ressorti de mes archives quelques brèves d’une escapade à vélo en 2005 dans le Moyen Atlas, au Maroc. Un voyage plaisir, je ne connaissais absolument rien du monde des ONG. J’ai intégré ces notes à un « reportage » rédigé en 2015 lorsqu’un astucieux hasard m’a permis de retourner dans la région : j’ai eu le privilège d’assister à l’inauguration de l’Internat de Bouchbel. Ce projet porté, par l’association CormoAtlas, a bénéficié du soutien de la FICD via des contributions du canton de Berne et de la Direction du développement de la Confédération (DDC). Pour conclure ces souvenirs, j’ai complété ce texte avec les compte-rendu – sous forme de bilan, une fois le bâtiment construit – de mes discussions avec les initiateurs du projet. BR, le 14.02.2026.
Article initial rédigé en décembre 2015 :
Ce samedi 18 septembre 2015, nous inaugurons la maison d’accueil de Bouchbel, un internat construit dans le Moyen Atlas, au Maroc. Une construction qui adoucira la vie de nombreux enfants, pour qui le chemin de l’école est un véritable périple. Ce projet a été mené par l’association CormoAtlas, de Cormoret, et son partenaire local, l’Association Tighza Atlas de Développement. Il est soutenu par la FICD, via des fonds du Canton de Berne et de la Confédération. Mandaté par le Comité de la fédération pour la représenter à cette inauguration, le secrétariat est parti à la rencontre des acteurs du projet et plus particulièrement des bénéficiaires.
Si les cours d’eau sont asséchés l’été, ils deviennent dangereux l’hiver. Les deux rivières qui croisent le chemin des enfants se métamorphosent en un torrent d’eau et de boue.

Le 4×4 de l’Association Tighza Atlas de Développement (ATAD) abandonne la route bitumée pour s’engager sur une petite piste en terre. Le paysage se resserre, le relief est davantage vallonné. Nos guides, Rachid Chergui et Ahmed Boukbir, les deux secrétaires généraux de l’ATAD, nous conduisent à la rencontre de bénéficiaires du projet. Un périple de quelques kilomètres qui esquisse les contours des difficultés rencontrées par les élèves ; le genre d’itinéraire qui invite à la réflexion sur le courage nécessaire pour se rendre à l’école afin de saisir une chance de se façonner un avenir moins précaire.
Nous remarquons quelques habitations isolées aux alentours de la piste. Des constructions fragiles, de bien faibles remparts contre les intempéries. Notre véhicule traverse plusieurs rivières. En cette période de l’année, les cours d’eau sont secs. « Les habitants creusent des puits autour de leur maison pour trouver de l’eau. Lorsqu’une poche d’eau est sèche, ils creusent un nouveau puits », explique Rachid. Notre véhicule s’immobilise à cinq cents mètres de l’objectif, la dernière partie du trajet s’effectue à pied.
C’est une aventure qui débute de la plus curieuse des manières : un échange de SMS et une interprétation erronée des messages qui se voulaient une sorte de blague. Que cela ne tienne : quelques mois plus tard, mon camarade Fabien et moi-même entamions notre traversée du Moyen Atlas à vélo.










Brèves de voyage :
- 06/08/05. Départ de la gare routière de Paris Galliéni. J’assomme un petit garçon avec mon pied photo. Le voyage commence bien. Il me traite de « méchant ».
- 06/08/05. Dans le bus, le sac à main d’une dame marocaine ne cesse de se casser la figure de l’étage à bagages, cela nous occupe de le ramasser. « Merci mon fils. Heureusement que ce n’est pas le gros sac qui tombe », plaisante-t-elle. Cela devient le sujet de rigolade de notre petit coin de bus.
- 07/08/05. Arrivée à Tanger, un peu avant 20h00, heure locale. Grosses tensions entre les passagers du bus et le chauffeur. On pense qu’il est au bord de s’en prendre une à force de déconner avec ses arrêts improvisés.
- 08/08/05. Journée dans le bus.
- 09/08/05. 05h du matin. Le chauffeur espagnol refuse de s’arrêter à Azrou, notre destination. Il invoque que ce n’est pas sur son plan de route. Débat houleux arbitré par un agent marocain de la CTM. Nous avons gain de cause et deux heures plus tard, nous débarquons à l’endroit prévu sur nos billets de bus.
- 09/08/2005. 50 km. Enfin sur le vélo. Premiers coups de pédale. Dès la première petite ascension, Fabien prend de l’avance (et cela va être à chaque fois le cas durant toute notre balade) et je ne le retrouve qu’un peu plus tard avec un monsieur qui nous propose de boire notre premier thé au Maroc.
- 10/08/2005. 60 km. Terres arides et déjà les chiens qui nous courent après. La première descente nous offre une vue admirable sur une vallée. Un thé à la menthe offert dans une maison en construction. Campement dans un endroit désertique.
- 11/08/2005. 67km. Longue route plate, mais un peu pénible car nous devons lutter contre un sale vent de face assez épuisant. Plusieurs allers-retours pour rien. Nous galérons pour trouver les bonnes pistes.
- 12/08/2005. 78 km. Nous trouvons un petit bar. Nous descendons près d’un litre de boisson gazeuse chacun (coca). Les températures varient entre 36 et 40°. Nous plantons la tente dans un verger, on nous apporte des figues, du thé et du pain. Magique !
- 13/08/2005. 72 km. L’étape est longue et un peu pénible en raison du vent. Nous sommes encouragés par les cigognes.
- 14/08/2005. 72 km (dont 24 km en 4×4). Je triche. Dans la grosse ascension du jour, je prends le parti de m’allonger sous un arbre et d’attendre un véhicule pour me monter au sommet.
- 15/08/2005. 50 km. « Piste merdique. Mais cela ne sera pas la pire ! » C’est sablonneux et encombré de nombreuses racines. Nous sommes dépassés par l’équipe « Tripping-truck » qui, comme promis, joue la douce musique de la sirène de son camion de pompiers au moment où il nous double.
- 16/08/2005. 61 km. Au programme 20 km de grimpette et un col à franchir situé à 2600 mètres. Départ 05h30. J’ai cauchemardé toute la nuit de cette étape. 6 heures pour réaliser l’ascension.
- 17/08/2005. 77 km. Mal au ventre. Diarrhée. Nous finissons la journée sur le camion de marchandise d’Omar.
- 18/08/2005. 34 km de piste très merdique ! Des cailloux partout, impossible de monter sur le vélo. On pousse. Au sommet, le « gardien des lieux » nous présente le patrimoine lequel il vieille. Il nous offre un thé réconfortant. Plus tard dans la journée, après une nouvelle étape vallonnée, on prend la décision de camper en hauteur. Très bon choix, on a évité de se faire emporter par la crue de la rivière après l’orage !
- 19/08/2005. 37 km. « Une journée dans le rouge (rouge de la terre ocre, rouge du sang !) ». On termine l’ascension de la veille. Un dernier col à franchir, une descente et le voyage s’achève. Fabien nous prépare un petit expresso au sommet de cette dernière ascension. La vue est propice aux confidences… Puis une chute après une mémorable course poursuite avec (contre) les chiens. Mélange de sang et de terre sur le bras. Sur la route, on croise Hussein. Réconfort. Il nous invite à prendre une solide collation. Au menu : des raisins fraîchement cueillis, des amandes, du pain, du beurre et bien évidemment notre agréable thé. Les derniers tours de roues seront faciles !
Le temps est orageux. Nous prenons un petit chemin rocailleux, légèrement escarpé. Parvenus au sommet d’une colline, nous distinguons notre destination finale. Le sentier file vers un ensemble d’habitations construites de paille et de terre pour les murs, de bois et de plastique pour le toit. Arrivés à proximité des maisons, nous sommes accueillis par un homme vêtu d’une djellaba bleue. Il est très vite rejoint par le reste de la famille. Parmi les enfants, on ressent un mélange de curiosité et de crainte.
« Le plus important, c’est l’éducation des enfants. »
Trois familles demeurent ici : les deux frères Nouhy, avec femmes et enfants, et leurs voisins, la famille Miame. Elles vivent de l’élevage et de l’agriculture. Nos hôtes ne parlent que le berbère ; nos accompagnateurs assurent la traduction. Quatre des filles de la famille Nouhy seront hébergées dans l’internat de Bouchbel. Le garçon, Youssef, lui, est déjà pensionnaire de la maison d’accueil de Tighza. Pour cela, les enfants parcourent cinq kilomètres à pied pour se rendre jusqu’au bord de la route principale. Là-bas, un autobus de l’ATAD les attend pour les conduire à l’école.
Jusqu’à trois heures de marche par jour
Trois heures de marche quotidienne sont nécessaires pour effectuer l’aller-retour. Un trajet éprouvant, avec de nombreux obstacles. Si les cours d’eau sont asséchés l’été, ils deviennent dangereux l’hiver. Les deux rivières qui croisent le chemin des enfants forment une sorte de delta infranchissable lorsqu’elles débordent et se métamorphosent en un torrent d’eau et de boue. Le chef de famille raconte : L’hiver, la route est dangereuse. Au retour de l’école, s’il y a beaucoup d’eau, les enfants sont bloqués. Nous nous arrangeons alors avec les voisins pour qu’ils dorment chez eux. »
« Ils nous invitent à prendre le thé », traduit Rachid. L’hospitalité marocaine n’est pas un vain mot. Nous retirons nos chaussures avant de pénétrer à l’intérieur de l’habitat. Nous nous asseyons sur le tapis, autour d’une petite table. Notre hôte apporte une carafe d’eau chaude et en verse le contenu sur nos mains pour les laver. Cette invitation est une véritable romance pour nos papilles gustatives : de l’huile d’olive, du miel, des œufs, du pain, des baghrirs (crêpes) et des gâteaux. Tout en dégustant les plats, l’entretien reprend. Notre hôte s’en remet à Dieu pour la future organisation familiale et notamment pour garder le troupeau en l’absence des enfants : « Nous savons qu’il faut sacrifier le présent pour préparer l’avenir de la famille, explique-til. Le plus important, c’est l’éducation des enfants. »

La douceur de ses mots et de ses gestes laisse entrevoir un sentiment apaisé. Il est rassuré de savoir les enfants en sécurité à l’internat. Nous reprenons la route. A la lueur des informations reçues lors de cet entretien, le retour est l’occasion de se préoccuper une nouvelle fois des difficultés du chemin de l’école. Des heures de marche sur un sentier caillouteux, avec de mauvaises chaussures, le froid de l’hiver, la chaleur étouffante de l’été et les dangers liés aux conditions climatiques. Mais, dans nos conversations, aucune plainte, un sourire solidement accroché au visage et une foi inébranlable. À présent, l’orage gronde. Les premières gouttes de pluie s’écrasent sur le sol.
Abrités sur une terrasse de café, Rachid nous résume la situation : « Les familles n’imaginent pas qu’il est plus facile de vivre ici que de rejoindre les bidonvilles. En ville, les ruraux n’ont pas de métiers pour leur permettre de survivre. A la campagne, malgré les difficultés, ils peuvent vivre de l’élevage, de l’agriculture ou du tourisme. L’amélioration des conditions de vie des populations du Moyen Atlas ne passe pas par l’exode, mais bien par le développement des zones rurales, en facilitant l’accès à l’éducation des filles et des garçons. »
- Coût : 592’000 frs
- Contribution de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement : 166’720 frs (Canton de Berne : 120’860 frs / Direction du développement et de la coopération : 45’860 frs)
- Partenaire local (Maroc) : Association Tighza Atlas de Développement (ATAD)
- Partenaire Suisse : CormoAtlas
- Bénéficiaires : La population en général de la région de M’Rirt, et plus particulièrement les jeunes des régions montagnardes du Moyen-Atlas.
- L’internat accueille annuellement 240 jeunes filles et jeunes gaçons.
Un internat au cœur d’une région rurale
La maison d’accueil de Bouchbel est le quatrième complexe construit et géré par l’ATAD. Le choix de son emplacement n’est pas le fruit du hasard. Le bâtiment est construit au cœur d’une zone dont l’activité principale est l’élevage, synonyme de transhumance et donc de déplacements réguliers. « Cet établissement assurera aux enfants la stabilité et la quiétude nécessaire pour lancer sur de bonnes bases leur scolarité », explique Mohamed Mourchid, un élu de la commune. « J’ai le grand espoir que cet établissement donnera des cadres qui honoreront la région. » Il conclut sur l’importance de l’égalité entre les filles et les garçons, sur l’importance du rôle de la femme « la femme marocaine est en train de bosser pour avoir sa place ! »

Dans les faits, l’internat n’est pas terminé. Initialement prévu pour cent soixante élèves, les besoins ont été réévalués, pour atteindre le chiffre de deux cent soixante internes. Ainsi, les financements vinrent à manquer pour concrétiser l’ensemble du projet. Toutefois, l’essentiel est là : un internat pour les filles et les garçons, un réfectoire et des sanitaires. Cette première tranche occupe 1’100 m2 sur les 2’400 m2 totaux du projet. À la recherche du témoignage d’élèves, on me présente Soukaim et Bouchra, deux jeunes filles de douze ans. Elles me sont décrites comme les meilleures élèves de l’école. D’abord un peu intimidées, elles se libèrent peu à peu. Elles répondent à mes questions, traduites par leur enseignant. Chaque matin, les filles quittent leur domicile vers six heures et marchent presque deux heures pour aller à l’école. Comme elles, plus de la moitié des élèves de l’école Bouchbel parcourt de nombreux kilomètres pour venir en classe. Soukaim confie son enthousiasme et se réjouit d’être hébergée et de vivre sur place. « Certains parents nous disent que nous avons changé le rythme de la maison, explique Mohamed Ait Khouya – le président de l’ATAD. Les enfants transposent chez eux ce qu’ils ont appris à l’internat, comme manger à l’heure et équilibré, par exemple. »

Abdel Zalagh, président de l’association CormoAtlas, arrivé en Suisse en 1989 pour un concours de laborantin à Neuchâtel, n’en est jamais reparti.
Plus jeune, il s’imaginait vivre en Suède, pays qu’il a visité et fortement apprécié. Finalement, c’est dans le Jura bernois qu’il a construit sa vie. Et depuis Cormoret, il soutient sa région d’origine, Khénifra, une province montagneuse du Moyen-Atlas, au Maroc.
« J’étais arrivé en Suisse pour passer le concours de laborantin à Neuchâtel » déclare Abdel Zalagh. Au programme, trois jours d’examens. Malheureusement, à l’issue du concours, il n’est pas retenu. Il en déduit avoir peut-être été victime des contingents qui limitent le nombre de permis accordés. Cependant, malgré cet échec, en 1989, le jeune Marocain, ancien étudiant en biologie-géologie, décide de rester en Suisse et de chercher du travail. « J’ai essayé de faire reconnaître, sans succès, l’équivalence de mes diplômes afin de poursuivre mes études en Suisse ».
Accueilli par une connaissance à Tramelan, Abdel Zalagh se retrouve dans une situation financière difficile, avec parfois moins de 20 centimes en poche. Pour subvenir à ses besoins, il effectue divers boulots, travaillant 7 jours sur 7 comme gardien d’une exposition, dans une ancienne usine horlogère rénovée du village, cuisinier et même jardinier. Il ajoute : « J’ai passé deux mois et demi à aménager le jardin de ma patronne et j’allais ensuite donner un coup de main au restaurant ». Finalement, grâce à une formation d’animateur nature, il réussit à décrocher un travail sur appel à l’Office du tourisme du Jura bernois et au Passeport Vacances.
Sans passer inaperçue, sa présence n’a jamais suscité d’interrogation. Cependant, un jour, il est contrôlé par les policiers. Lors de ce contrôle, la police découvre qu’il a un permis de séjour mais pas de permis de travail. Il sera alors conduit, ainsi que son employeur, devant les tribunaux. À la suite de cet incident, Abdel Zalagh va régulariser sa situation administrative. Cette régularisation va lui permettre d’enchaîner différents emplois pour subvenir à ses besoins.
Les débuts dans la coopération
En 1992, Abdel Zalagh tente de passer le concours pour entrer à l’école d’infirmier en psychiatrie. De nouveau, il est confronté à un problème de permis – il possédait un B au lieu du permis C (le sésame) – qui l’empêche d’obtenir une place. Cinq ans plus tard, en 1997, il est naturalisé. Persévérant, il repasse l’examen et intègre enfin l’école d’infirmiers dont il sortira diplômé 4 ans plus tard. Après différentes expériences dans les soins à domicile, il travaillera une dizaine d’années à la clinique de Bellelay avant de devenir, en 2015, directeur d’un foyer de jour à Sonceboz.
Abdel Zalagh s’est marié au début des années 2000. « Avec mon épouse, nous voyagions régulièrement au Maroc avec un véhicule chargé de matériel scolaire, de médicaments et même de chaises roulantes », se rappelle-t-il. Pour surmonter les problèmes de dédouanement, le duo s’organise et un comité se met en place pour fonder, en 2009, CormoAtlas. Au début, l’association transportait le matériel en bus grâce à différents soutiens locaux. Les bus seront remplacés plus tard par des conteneurs de 12 à 14 tonnes. « Il faut rappeler l’extraordinaire travail de M. Jean Vaucher pour organiser le rangement du matériel récupéré dans les containers. Sans lui, environ un tiers du matériel aurait été abandonné », plaisante-t-il.
L’internat de Bouchbel
Tout ce travail de logistique met CormoAtlas en contact avec une association locale, Tighza Atlas de Développement. Son rôle est précieux car elle va aider les Suisses dans les formalités douanières. Ces prémices de collaboration déboucheront sur un partenariat beaucoup plus ambitieux : la construction d’un internat à Bouchbel afin de faciliter la scolarisation des élèves les plus éloignés de l’école centrale du village. La première phase de ce projet, soutenue par la FICD, a été inaugurée en 2015. 128 élèves, filles et garçons confondus, bénéficient de cette infrastructure. De plus, une quarantaine d’enfants supplémentaires sont accueillis à la cantine de l’internat.
En mars 2023, la seconde phase du projet, toujours financée par la FICD grâce à des contributions issues du canton de Berne et de la Confédération, a été achevée. Elle va permettre d’accueillir 128 jeunes supplémentaires à la rentrée de septembre 2024. « Maintenant que le projet de construction est terminé, j’aimerais à l’avenir me concentrer sur des activités éducatives, telles que la sensibilisation à l’environnement et la mise en place d’ateliers professionnels », indique Abdel Zalagh. Il souligne également que « le potentiel de l’énergie solaire est énorme et pourrait être exploité pour des projets avec des panneaux thermiques. »
Avant de s’établir en territoire helvétique, Abdel Zalagh a visité différents pays d’Europe du Nord. « J’ai rêvé de vivre en Suède, mais c’est finalement le concours de laborantin qui m’a amené à poser, un peu par hasard, mes valises en Suisse. » Des circonstances de vie qui ont débouché sur un immense travail de coopération et de développement. Toutefois, l’homme est modeste. S’il considère son parcours comme chanceux et qu’il explique « ne pas aimer utiliser le mot fierté », il se dit en revanche « satisfait du travail effectué », tout en relevant que cela n’aurait pas été possible sans le « soutien d’une équipe soudée qui a permis à tous ces jeunes d’aller à l’école.»
Quel avenir pour le projet ?
Abdel Zalagh, heureux président de CormoAtlas, est fier du travail accompli. Toutefois, alors que le projet est arrivé à son terme, quelle suite donner à ces quatre années d’activité ? « Il reste du travail à accomplir. Le soutien à l’ATAD va donc continuer, mais de manière plus modeste, uniquement via les fonds de notre association, sans fonds institutionnels additionnels. » La récolte de fonds est un travail de longue haleine. Au-delà d’une simple recherche d’argent, cette approche favorise un ancrage local et permet la sensibilisation des populations du Nord à la coopération internationale. Une manière de penser régulièrement à ceux qui se battent quotidiennement pour l’éducation des populations défavorisées.
En 2024, la seconde partie de l’internat est achevé. C’est l’occasion de renfermer ce livre. Ce projet à agit comme un véritable catalyseur du développement. On en parle dans l’article « Un internat pour faire grandir le Moyen Atlas » (daté de décembre 2024).

