Hélène
Quand Hélène se raconte, les gros mots qui parsèment son bavardage prennent la forme de l’élégance punk. Le public l’écoute, se marre et surtout se délecte d’anecdotes toujours très croustillantes. Hélène, elle, n’a pas l’air de se faire un sang d’encre.
L’autrice qui dévoile sa jeunesse dans le diptyque 1979 et Huitante a littéralement le dessin chevillé au corps et dans la peau depuis longtemps. Le sang qui coule dans ses veines est composé en partie de l’encre qu’elle avale lorsqu’elle humidifie son pinceau en dédicace ou dans l’intimité de son atelier. « Cela ne doit pas être toxique, je suis encore là ! », rigole-t-elle.
À Delémont’BD, j’ai croisé Hélène à plusieurs reprises. Comble de chance, j’ai eu le plaisir de converser avec elle. Tramlabulle semble un autre monde pour l’artiste. Tant pis.

Lorsqu’elle commente l’exposition présentée au Sas à Delémont (lieu emblématique en parfaite adéquation avec sa révolte) et consacrée à son travail, Hélène parle sans ambages de musique ou de sa sexualité. Elle quitte les garçons dont la discographie ne lui convient pas, mais lorsque la connexion musicale est là… C’est pour des décennies. L’artiste dénonce les comportements toxiques de certains avec une fraîcheur d’esprit enviable. Inspirante !
Je garde de notre rencontre cette belle accolade lorsque je me suis présenté à elle. Un geste de camaraderie sincère pour me remercier de l’article que j’ai consacré à son album Huitante. Ce moment d’échange a eu ce petit goût un poil enchanteur. Lorsque Hélène tripe, elle provoque des averses d’eau ou de cailloux. Mon bonheur est moins spectaculaire. Toutefois, il y a eu dans mes neurones cette longue décharge électrique ramonesque : My Brain Is Hanging Upside Down !mémoires ou les matières rares.


