Après l’astre, les étoiles
Cette semaine, les regards n’étaient pas uniquement tournés vers l’éclipse solaire. Dans le sillage du disque d’or, le public s’est rassemblé samedi 15 août pour un autre rendez-vous très attendu : le Corso de la 68e Fête des Saisons.
Nul besoin de lunettes protectrices ni de prendre de la hauteur pour assister à ce spectacle haut en couleur. L’événement est certes plus terre à terre, mais tout aussi féerique. La Fête des Saisons est l’un des rendez-vous incontournables du Grand Chasseral. Elle s’illustre notamment par son cortège. Cette année, celui-ci a offert un moment de nostalgie télévisuelle : l’organisation a choisi le thème des dessins animés pour stimuler la créativité des constructeurs de chars.
Samedi, 20 h. Le public converge lentement vers l’artère principale du village. Le flot grandissant de spectateurs et spectatrices gagne peu à peu la rue. Enfants et adultes s’installent sur les trottoirs. Fermez les yeux ne serait-ce qu’un instant, et la foule a déjà doublé. Cette fois, nul besoin de les protéger. Au contraire, la convivialité et les sourires enluminent ces milliers de prunelles.
Les parenthèses enchantées de la petite lucarne rayonnent au rythme des fanfares
Le soleil, cet astre si redouté depuis le début de l’été, admiré le temps d’un passage lunesque, prend congé du village. La nuit, elle, l’enveloppe doucement. Les plus jeunes s’agitent, les grands papotent et se remémorent les surprises des Corsos des années précédentes. Puis les corps se penchent, attentifs aux premières notes de musique qui s’échappent d’un monde encore invisible.
Un concert atyptique
La légendaire fusée de Tintin, le mythique manège du père Pivoine, les populaires Astérix et Lucky Luke, les impertinents membres du Jo Bar Team, ou encore les représentants de la nouvelle génération, tels que la Pat’ Patrouille et les Minions, enthousiasment la foule. Ces héros et héroïnes font resurgir les souvenirs d’enfance. Derrière un personnage, on reconnaît parfois un visage amical, un proche ou un membre de la famille. On les interpelle alors joyeusement.
Les parenthèses enchantées de la petite lucarne rayonnent au rythme des fanfares illuminées qui les escortent : tambours, trompettes et moteurs des tracteurs s’amusent en symbiose. C’est un concert atypique où la partition teinte la mécanique d’une musique festive. La magie absorbe les esprits, à peine détournés par les jets de bonbons qui attirent un instant l’attention des enfants.
Après deux tours, le cortège s’incline dans l’obscurité. La foule se disperse pour mieux danser ou converser dans les bars. L’artère évacue le charme de cette soirée, laissant place au froid défilé des voitures. La séparation n’est que provisoire : l’aube des retrouvailles se profile déjà à l’horizon.

