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Avr
2026
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Je suis Pavlowitch

Le Football Club de Tavannes-Tramelan célèbre cette année son 25e anniversaire. Pour son jubilé, le club s’est offert un nouveau logo que Stractis (notre agence) a eu le plaisir de concevoir. Ce vendredi 17 mai, il m’a été échu d’en faire la présentation.

Dans l’auditorium du CIP à Tramelan, le programme des célébrations du 25e anniversaire du FCTT était copieux. Il a débuté par une intervention des maires de Tramelan et de Tavannes, Hervé Gullotti et Yann Rindlisbacher, qui se sont rendus très courtoisement « tacles sur tacles » devant une assistance amusée. Les deux édiles avaient soigneusement préparé leur coup. Leur message commun est généreux et illustre le succès de cette fusion réalisée il y a un quart de siècle entre les clubs des deux villages.

Je repense à Paul Pavlowitch qui incarnait l’auteur fictif Émile Ajar devant les médias

J’incarne régulièrement le visage de Stractis devant un public à l’occasion de différentes présentations. « Tu as l’habitude de t’exprimer devant du monde, c’est facile non ? », me dit une connaissance ce vendredi. Pour le grand timide que je suis, cela nécessite tout de même un petit rituel, qu’il y ait dix ou cent personnes devant moi : quelques gouttes d’huiles essentielles et une pensée optimiste. Elle est caractérisée par cette fierté d’être impliqué dans des projets qui reflètent les valeurs positives et l’énergie collective qui sont portées par ma région d’adoption.

La vie devant soi

Le futur-ex Président du club Loïc Châtelain m’invite à monter sur scène pour présenter le nouveau logo. Avant de prendre la parole, je repense à Paul Pavlowitch. Il incarnait devant les médias l’auteur fictif Émile Ajar, le pseudonyme de son petit cousin Romain Gary, le véritable auteur du roman La vie devant soi. Mes premiers mots sont donc une pensée pour mon associé Sébastien, l’énergie créative de notre agence. Il est l’auteur du nouveau logo du FCTT et comme il était absent ce soir-là, il me semblait important de lever le moindre doute. Je viens en tant que porte-parole.

« Ce soir, je ne parlerai ni des couleurs, ni de choix typographique ou encore de forme géométrique… » En lieu et place, j’ai diffusé le film que nous avions préparé. Le FC Tavannes a été fondé en 1904, celui de FC Tramelan en 1908. La fin du XIXe siècle est une période de l’essor industriel horloger dans notre région. En 1892, Henri-Frédéric Sandoz installe la Tavannes Watch, une usine qui emploie en 1905 plus de 600 ouvriers. Du côté de Tramelan, la manufacture d’horlogerie Record Watch donnait du travail à 250 personnes.

Aussi long qu’une saison de foot

La voix off du film commente les images d’archives du passé industriel régional. Elles sont diffusées sous la forme d’un vieux diaporama, il ne manque que le son du petit clic du chargeur de diapositives à chaque nouvelle image. J’ai prévenu : « Soyez attentifs, vous y entendrez les mots clés qui constituent les bases de la création du nouveau logo. »

Fin de présentation. Je reçois la légère clameur de surprise et de satisfaction, les sourires et les applaudissements avec beaucoup d’humilité et un peu de gêne. Paul Pavlowitch s’impose à nouveau dans mon esprit. Quelles pouvaient bien être ses émotions lorsqu’il a reçu le prix Goncourt pour un livre qu’il n’a pas écrit ? Je m’empresse d’envoyer un message à Sébastien, il m’importe de le rassurer. Son travail a été une nouvelle fois unanimement apprécié. « La création d’un logo est un investissement physique et mental… Presque aussi long qu’une saison de football », avais-je improvisé avant la diffusion des images.

Aujourd’hui, au moment d’écrire cet article, j’ancre dans mon esprit les félicitations et les compliments – ils concernent aussi bien le logo que la présentation (« une véritable marque de fabrique selon certains ») ; la chaleur des poignées de main est imprimée dans les pores de ma peau.

Ces sensations, tout comme ce texte, sont des aide-mémoires visuels et sensoriels indispensables. Demain, j’endosserai à nouveau ce rôle de porte-parole. Je transmettrai à Sébastien la moindre onde de cette énergie positive reçue ce vendredi soir. Il le mérite !