18
Avr
2026
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En pages

L’exposition collective « Fanzines » au Centre de Culture & de Loisirs (CCL) de Saint-Imier concentre les œuvres de plus de 100 artistes. Au départ je m’y suis rendu pour admirer le travail de mon camarade Olivier*, quelle erreur ! La variété des techniques et des thèmes abordés est un ravissement pour les sens. Nul besoin d’apprécier l’art, c’est assurément pour tout public.

Une feuille A3, une technique de pliage en 3, deux petits gestes pour le découpage et le tour est joué : on dispose d’un livret format A6 de 8 pages. Bien évidemment, avant toute chose, on aura pris le temps et le soin de composer son journal : un enchevêtrement de dessins, de textes, photos ou collages pour narrer une histoire – une émotion – qui débute dès la page de couverture. Elle se poursuit sur les pages intérieures et se termine sur un dos qui parfois détonne par le ton de sa conclusion. C’est l’exercice auquel s’est prêtée la centaine d’artistes qui participe à l’exposition Fanzines (27.03-10.05.2026) au Centre de Culture & de Loisirs de Saint-Imier.

Pas moins de 175 petites revues sont exposées. La limite imposée par le format ne restreint aucunement le champ des possibles. Chaque fanzine est une véritable promesse pour l’esprit : la pluralité des histoires – tantôt légères, drôles, émouvantes ou transgressives et la diversité des techniques égayent les neurones. Ici, le trait est précis, un peu plus loin plus grossier mais lyrique. Certains artistes ont animé leurs pages de collages et de découpages – morceaux recyclés de magazines ; les plus littéraires se sont saisis d’une plume pour accorder à la feuille des mots exprimant l’émotion de l’instant.

Les originaux laissent entrevoir le papier et la technique utilisée… Mais on ne touche pas ! Heureusement, juste en dessous, les artistes ont imprimé des copies consultables. Elles offrent le loisir d’admirer le résultat obtenu.

Au CCL, l’art est pluriel, universel même, et accessible. Les œuvres s’apprécient sans connaissance. Chacune d’entre elles est un fragment de vie qui illustre la diversité des opinions, des goûts ou de la sensibilité des artistes qui la compose. Assemblés ainsi, les 175 fanzines composent un puzzle complet qui dépeint le portrait global d’une région fascinante… La nôtre. Sa nature, son industrie, ses villes et villages, ses moments de luttes et son ouverture sur le monde et les voyages.

C’est une exposition à la fois légère et sérieuse, un brin décalée, qui se déguste par à-coups. On papillonne d’un fanzine à un autre, on se laisse distraire par un café ou une conversation et oh… miracle. L’œil s’oriente vers un livret non encore aperçu. C’est un morceau d’artiste qu’on avait loupé au premier regard. Voilà une nouvelle émotion accrochée contre les murs qui s’invite dans nos réflexions.

L’exposition est originale. Le trajet qui ramène à ses pénates invite à une forme de réflexion. Le matériel est léger : une feuille A3, des ciseaux, de la colle, un peu de couleur, d’imagination et beaucoup de lâcher-prise. Allez chiche ?

* Merci, Olivier ! (Mon camarade sonneur de cloches)