Dernière lecture de l’année avec Paul-Émile Victor
Dans le chouette travail de ma fille, il y a une tâche qui s’intitule le désherbage. Elle est un peu injuste, elle consiste à alléger les rayonnages de la médiathèque en retirant les ouvrages obsolètes ou peu empruntés. Dans sa mission quotidienne, des dizaines et des dizaines de livres transitent entre ses mains. Ma fille connaît les goûts de son père, certains titres l’interpellent et l’inspirent. À juste titre, son intuition l’amène à penser que tel bouquin pourrait tout à fait me plaire. Quel talent !
Ma fille ne connaît pas Paul-Émile Victor, mais elle se doutait bien qu’un recueil de textes intitulé « Poèmes Eskimo » ne pouvait que m’enchanter. L’explorateur polaire (1907-1995) est l’un de ces nombreux héros dont les aventures ont bercé mon adolescence. À tel point que j’étais déçu de ne pas avoir intégré le lycée Paul-Émile Victor à Osny puisqu’il a ouvert en 1995, alors que je n’étais déjà plus lycéen depuis une année (avoir fréquenté un lycée nommé Camille Pissarro, ce n’est tout de même pas mal).
Dans sa préface, Paul-Émile Victor explique que (malheureusement) on évalue les petites et grandes nations aux nombres de tanks et d’avions qu’elles possèdent et à leur capacité d’en produire davantage (culture matérielle), rappelant qu’on oublie l’essentiel, trois autres piliers : leur culture intellectuelle (comme l’Inde), leur standing moral (la Finlande) ou encore leur développement social (la Suède).
« Notre culture matérielle a dépassé notre avancement intellectuel », résume l’explorateur. C’est pour lui la différence avec ce qu’on considère les « petites civilisations » » Or, avec raison, Paul-Émile Victor rappelle que les civilisations esquimau ou touareg n’ont rien à envier à cette civilisation occidentale qui s’imagine toute puissante.
Voilà, c’est ma modeste conclusion pour cette fin d’année et une bonne entrée en matière pour la suivante : un peu d’humilité sur notre bonne planète, de part et d’autre, ramènerait sans doute un peu de paix et de tranquillité.

